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Le Conseil d’Etat vient de donner raison à la LPO et d'annuler les derniers arrêtés ministériels autorisant le piégeage à la glu d'oiseaux sauvages en France

Le 29 novembre 2019, pour la première fois depuis des années, le Conseil d’Etat ne déboutait pas la LPO de son recours sur la légalité du piégeage des oiseaux à la glu (1) et décidait d’interroger la Cour de Justice de l’Union Européenne. Le 17 mars 2021, cette dernière confirmait l’illégalité de cette pratique au regard de la Directive européenne de protection des oiseaux. Comment aurait-il pu en être autrement puisque l’Espagne et Malte avaient déjà été condamnées pour les mêmes pratiques ?

Par un jugement rendu ce 28 juin 2021, le Conseil d’Etat vient donc d'annuler les derniers arrêtés ministériels accordés pour les saisons 2018-2019 et 2019-2021 et confirme ainsi que la chasse à la glu est illégale.

(1) Le piégeage à la glu consiste à encoller des baguettes pour attraper des oiseaux censés rester vivants, afin de s’en servir comme appelants. Après être restés des semaines dans le noir, les oiseaux placés dans des cages accrochées aux arbres se mettent à chanter à la lumière, attirant ainsi leurs congénères qui sont tirés à bout portant. Tous les oiseaux, protégés ou non, se font ainsi piéger : ils se débattent dans la glu, avant d’être détachés par aspersion de diluants type essence F4. A l’aide de caméras, la LPO a pu prouver que non seulement cette pratique n’est pas sélective, mais que de nombreux oiseaux, y compris protégés, sont blessés voire tués pendant ces manipulations voir la vidéo ICI.

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Suite à la parution dans différents médias locaux d'un article intitulé "le dépeçage d'un mouton  par des Vautours Fauves" en Corrèze, nous souhaitons apporter quelques précisions et amener quelques éléments de rigueur scientifique nécessaires à la compréhension des "faits rapportés pour permettre une interprétation objective du phénomène.

Au-delà de la légitime angoisse de l’éleveur et pour rectifier et/ou compléter certaines affirmations hâtives contenues dans ces médias locaux, la LPO Limousin tient à préciser les éléments suivants :

  • La présence de Vautours fauves n’est pas une nouveauté en Limousin. Il est vrai qu’à force de persécutions pendant des siècles, les hommes étaient parvenus à les éradiquer d’une grande partie de leur aire originelle de répartition. En France par exemple, ils ne subsistaient plus que dans les Pyrénées jusqu’à ce que, à la fin des années 1970, une tentative de réintroduction soit tentée sur les Causses où les derniers avaient été abattus et empoisonnés dans les années 1940; l’opération couronnée de réussite a fait que ces grands oiseaux charognards n’ont été absents du ciel du Massif-Central que pendant une quarantaine d’années. Ce sont donc des oiseaux essentiellement  originaires des gorges du Tarn et de la Jonte qui depuis lors font des visites de plus en plus régulières chez nous depuis la première observation en 1994. Ils n’ont donc pas 500 km à faire mais environ 200, ce qui n’est pas grand-chose pour eux quand le vent et les courants sont porteurs. C’est ainsi que plus de 30 observations de Vautours fauves ont été faites en Limousin en 2020 et qu’en 2021 on en est déjà à une douzaine.
  • Ces oiseaux sont en effet majoritairement des jeunes dans la mesure où l’espèce ne se reproduit qu’au-delà de sa quatrième année. Entre leur envol et leur « majorité », ils explorent leurs territoires à la recherche de nourriture et de lieux où s’établir. Par contre ce sont des détails du plumage et non leur taille qui indiquent l’âge de l’oiseau : les jeunes vautours en âge de voler atteignent au moins la même taille que leurs parents : leur envergure dépasse 2,20m (et pas 1,7…).
  • Les agents de l’Office Français de la Biodiversité n’ont certainement pas pu « certifier » que la brebis avait été « attaquée » par les oiseaux. Tout au plus ont-ils pu constater que le pauvre animal avait été consommé par eux, ce qui correspond parfaitement au rôle des vautours dans la nature et a déjà été observé en plusieurs endroits de la Corrèze et du Limousin ces dernières années.
  • Enfin, la LPO tient à souligner le fait que rien dans l’état actuel des choses ne prouve ni ne suggère le moindre changement ou la moindre « adaptation » dans le comportement des Vautours. Adaptation à quoi d’ailleurs ?
  • Si leur retour, aidé par les hommes qui les en avaient fait disparaitre, a si bien marché c’est que les activités pastorales qui prévalent encore dans le Massif Central, ajoutées à l’abondance de grands mammifères fournissent régulièrement aux Vautours les cadavres dont ils ont besoin et qui leur confère leur mission d’éboueurs de la nature. Ce sont en effet des oiseaux spécialisés à l’extrême dans la consommation d’animaux morts, généralement de grande taille, et non des prédateurs. Leur action d’élimination des carcasses en font ainsi de précieux auxiliaires des activités d’élevage dans les massifs montagneux.
  • Il est évident que, pour un éleveur qui assiste à ces curées inhabituelles, cela constitue un choc. Choc qui est d’autant plus important que les conditions d’élevage sont souvent difficiles et la précarité croissante dans l’élevage extensif. La détresse de ces agriculteurs est réelle et légitime et n’est donc pas à remettre en question. En revanche, la nature des témoignages récoltés doit être analysée avec la plus grande rigueur, notamment la manière dont leurs observations sont interprétées et retranscrites.

C’est pour éviter les mauvaises interprétations et les conclusions hâtives que nous continuons de dire qu’il faut que des expertises ou contre-expertises indépendantes puissent être réalisées de façon rapide et efficace afin de trouver des solutions adaptées permettant de protéger le bétail comme les vautours.

La LPO continuera d’agir aux côtés des éleveurs pour le maintien de ces activités traditionnelles qui façonnent nos paysages et notre environnement depuis des millénaires et ce dans le respect de la biodiversité.

Le Comité Territorial de la LPO Limousin

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Afin de compléter sa Trame Verte et Bleue opérationnelle depuis 2012, Limoges Métropole-Communauté Urbaine a réalisé, grâce au soutien financier de la Région Nouvelle-Aquitaine, une étude pluridisciplinaire visant à définir et cartographier une Trame nocturne sur son territoire.

Aujourd’hui, la Communauté Urbaine souhaite passer à l’action à travers un programme d’opérations concrètes sur chacune des 20 Communes concernées (de 2021 à 2026) pour lutter contre la pollution lumineuse et protéger la faune sauvage nocturne.

Pour cela, elle sera accompagnée par le Groupe Mammalogique et Herpétologique du Limousin (GMHL) pour ce qui concerne les chauves-souris, et par la Ligue de Protection des Oiseaux (LPO) Limousin concernant les rapaces nocturnes.

Dans cette optique, vous pouvez retrouver ici une présentation des rapaces nocturnes présents en Limousin, ainsi que plus de détails sur le projet de Limoges Métropole concernant sa Trame nocturne.

Fete de la nature 2021

Fête de la nature - Du 19 au 23 mai 2021

Venez nous retrouver, aux côtés de Terre de Liens Limousin et du CIVAM Limousin, afin de rencontrer les paysan.ne.s et acteur.rice.s ruraux de notre territoire et de découvrir sa biodiversité !

N'oubliez pas de vous inscrire auprès du CIVAM Limousin (contacts sur l'affiche).

A bientôt !

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Il y a deux ans, la création de la fameuse « brigade d’action contre les corvidés » (induisant un acronyme d’un goût assez douteux) avait scellé l’engagement des chasseurs aux côtés des nouveaux responsables de la chambre d’agriculture de la Haute-Vienne pour tuer Corneilles noires et Corbeaux freux accusés de porter gravement atteinte aux semis de maïs. Ce brillant coup de communication s’était accompagné de la diffusion d’une photo truquée qui montrait une méchante corneille avec un gentil caneton dans le bec. Une rapide recherche avait permis de montrer que la corneille était empaillée !

A travers leurs éditoriaux incendiaires et une campagne d’affichage extrêmement agressive, ces élus de la Chambre  se sont  depuis largement signalés pour leur considération envers les lois de protection de la nature et les administrations et associations qui essaient simplement de les faire respecter.

La LPO ne peut que déplorer une nouvelle fois cette opération visant à faire passer les chasseurs comme indispensables justiciers de nos campagne en leur permettant de sortir les fusils toujours plus longtemps.

La LPO souligne également le manque de sérieux de cette promotion du tir des Corneilles noires et des Corbeaux freux :  Il n’y a dans les préconisations de cette « brigade »  le moindre contrôle de la réalité des éventuels « dégâts » et de leur ampleur, pas de consigne sur le fait qu’aucun tir dans les nids ne doit être effectué (ces nids peuvent héberger d’autres espèces protégées), aucune information sur le fait qu’en plus des Corneilles et des freux, 2 autres espèces de corvidés peuvent être mêlées aux bandes de « corbeaux » : le choucas et le Grand corbeau, tous deux protégés également. Et ce sont les agriculteurs et les chasseurs eux-mêmes qui authentifieront les oiseaux « régulés » (le verbe « tuer » étant bien entendu soigneusement évité dans cette affaire).

Et que dire du fait que chaque  cadavre de « corbeau » se verra récompensé par le don de 3 cartouches et que certains seront exhibés au milieu des semis, pendus haut et court au bout d’une corde ?....C’est certainement légal, mais avec les grands champs brûlés au glyphosate (avant les semis de maïs justement) ça ne donne pas une image bien reluisante de nos campagnes limousines.

Rappelons enfin que les corvidés exposés ainsi à une vindicte rétrograde sont des oiseaux futés et adaptables qui sont loin de n’avoir qu’un rôle néfaste aux activités agricoles, même si certaines de ces activités, et en particulier la culture du maïs pour ensilage les ont beaucoup favorisés. En période de reproduction, ils consomment aussi beaucoup de larves d’insectes et de cadavres divers…

Leur destruction ponctuelle en tant que « gibiers » comme en tant que « nuisibles » était déjà permise, encadrée et largement suffisante.

Le Comité Territorial LPO Limousin

imagechrLe comité d'homologation régional examine et assure la validation des observations d'oiseaux inhabituels sur le territoire limousin en demandant aux observateurs la description de leur détermination la plus précise possible. La pression d'observation a nettement augmenté au cours de ces dernières années et, par conséquent, le nombre de données aussi, tant sur les espèces communes que sur les espèces plus rares. On remarque également que la démographie et l'aire de répartition de certaines espèces, telles que l'Elanion blanc ou la Cisticole des joncs, a explosé ces dernières années. 

Aussi, il était temps pour le CHR Limousin de faire une révision de la liste des espèces soumises à homologation. 

Ce sont donc 6 espèces qui quittent cette liste : 

- la Bécassine sourde dont la pression d'observation permet d'en révéler l'hivernage régulier, 

- la Cisticole des joncs et l'Elanion blanc dont les populations s'accroissent d'année en année,

- la Fauvette pitchou dont le statut est encore mal défini en Limousin, mais une recherche sur les zones de landes de l'ouest de la Haute-Vienne permet de l'observer régulièrement, 

- le Moineau soulcie, dont une recherche spécifique par quelques observateurs a mis à jour une population en sud Corrèze. 

- le Pipit rousseline dont la pression d'observation a permis de mettre en évidence une présence régulière de l'espèce lors des deux périodes de migration sur les zones favorables.

- la Spatule blanche et la Marouette ponctuée étant annuelles à Lussat (étang des Landes), les données les concernant ne nécessitent plus d'homologation sur cette commune.

Le CHR tient à remercier les observateurs pour la transmission de leurs observations et les compléments d'informations transmis lors des demandes du CHR. 

Pour télécharger la liste 2021 suivez ce lien

Le CHR Limousin

Logo LPO

4ème  ASSISES DE LA  LPO LIMOUSIN

Vendredi 21 mai 2021, de 20 h à 22h

En visioconférence Teams

Chères adhérentes, chers adhérents,

Les membres du Comité Territorial de la LPO Limousin ont le plaisir de vous inviter aux 4ème  Assises de la délégation territoriale de la LPO Limousin.

Compte tenu des contraintes sanitaires ces Assises se dérouleront en visioconférence et non en présentiel.

 Nous le regrettons car nous sommes très attachés  aux contacts directs et à la richesse de nos réunions et assemblées en présentiel mais nous nous devons  de respecter les directives gouvernementales encadrant actuellement les regroupements de personnes.

Nos Assises, bilan de l’année 2020 se dérouleront donc en visioconférence avec un ordre du jour limité pour s’adapter aux contraintes de ce type de déroulement.

Si vous avez donné une adresse mail lors de votre adhésion, vous recevrez une convocation par mail vous permettant de vous connecter, si non elle vous sera envoyée par voie postale.

 

4 Assises 2021

 

A vendredi !

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En mai et juin fêtons le centenaire des Refuges LPO.

 

L'’année 2021 marque l’année du centenaire des Refuges LPO !

A cette occasion, la LPO Limousin a souhaité mettre en avant cette démarche en faveur de la nature de proximité en organisant des journées portes ouvertes dans des Refuges LPO des trois départements.

4 rencontres sont organisées dans le Limousin !

En ouvrant leurs portes les propriétaires vous feront découvrir leur Refuge LPO, la faune et la flore qui l’habitent ainsi que les aménagements qu’ils ont mis en place pour y favoriser l’accueil de la biodiversité. Ces rencontres nous permettront également d'échanger ensemble sur le thème des Refuges et de la protection de la nature, et de discuter sur cette année si particulière du centenaire qui apportera des changements dans le courant de l'année. 

Pour en savoir plus cliquez sur le logo ci-dessous pour accéder aux pages Refuges, les infos sont en bas de page.

 

centenaire refuges LPO