Actualité

Gravières Argentat

Dans le cadre de l'élaboration du plan de gestion de la Réserve Départementale de Biodiversité d'Argentat, la LPO Limousin a mis en place un questionnaire en ligne afin de récolter des informations sur la fréquentation et votre usage du site.

Chaque avis compte ! Les réponses qui seront récoltées nous permettrons d'établir un diagnostic sociologique et d'avoir une vision d'ensemble des attentes du public et de comment vous percevez le site.

Ce diagnostic permettra de proposer des actions de gestion adaptées à la Réserve Départementale de Biodiversité et qui apparaitrons dans ce premier plan de gestion, prévu pour la période 2023-2028.

Vous pouvez remplir le formulaire via le lien suivant (les réponses sont anonymes et aucune information personnelle ne sera diffusée) : lien formulaire

Si vous souhaitez obtenir plus d'informations sur la Réserve Départementale de Biodiversité d'Argentat vous pouvez consulter la page dédiée sur notre site internet ou sur le site du Département de la Corrèze

Et si vous souhaitez en savoir plus sur l'enquête ou si vous avez des remarques, vous pouvez contacter Amélie POSSICH en charge du plan de gestion : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser..

Emmanuel Macron fait du en même temps !

Pluvier doré 1

Incroyable mais vrai : au lendemain du Congrès mondial de l’Union internationale de conservation de la nature à Marseille où il déclarait la main sur le cœur sa détermination à porter les enjeux de protection de la biodiversité à hauteur de la bataille engagée contre le changement climatique, et à la veille de présider l’Union Européenne, le Président français s’apprête à autoriser le piégeage traditionnel de plus de 110.000 oiseaux sauvages, alors que le Conseil d’Etat et la Cour de Justice Européenne ont récemment déclaré cette pratique illégale.

Dès à présent et jusqu'au 6 octobre, la LPO encourage les Français à participer massivement aux consultations publiques en ligne sur le site du Ministère de la transition écologiue afin d’exprimer leur opposition à ces projets d’arrêtés dont l’unique objectif est de satisfaire les lobbies cynégétiques à l’approche de l’élection présidentielle, quitte à perpétuer des pratiques cruelles et archaïques. 

Pour participer aux consultations publiques et donner votre avis, suivez ce lien.

 

alouette 650

Après l’interdiction de la chasse à la glu fin juin, le Conseil d’Etat vient d’annuler plusieurs arrêtés ministériels autorisant d’autres modes dits « traditionnels » de piégeage d’oiseaux sauvages. La LPO demande désormais au gouvernement d’agir en conséquence et d’abolir ces pratiques d’un autre âge.

Saisi par la LPO, le Conseil d’Etat a, par 2 arrêts du 6 août 2021, annulé plusieurs arrêtés ministériels ayant autorisé des activités de piégeage traditionnel des alouettes dans le Sud-Ouest pour la saison 2020/2021, et des vanneaux huppés et pluviers dorés dans le département des Ardennes pour la saison 2018/2019.

Ainsi, le premier arrêt historique du Conseil d’Etat confirmant le 28 juin 2021, après consultation de la Cour de Justice de l’Union Européenne (arrêt du 17 mars 2021), l’illégalité du piégeage aux gluaux dans 5 départements de la région PACA, aura permis de faire tomber les autres chasses dites « traditionnelles » ; et ce pour les mêmes raisons : l’existence de solutions alternatives satisfaisantes  (consistant en la chasse au fusil)

On voit mal désormais comment la Ministre en charge de la chasse pourrait signer les projets d’arrêtés similaires pour la saison 2021-2022 qui ont été soumis à la consultation publique en juin dernier visant à autoriser la capture de :

  • 106 285 alouettes aux pantes (filets horizontaux) et matoles (cages tombantes), alors que cette espèce est en déclin continuel en France et en Europe
  • 1200 vanneaux (espèce quasi-menacée en France), 30 pluviers dorés, 5800 grives et merles à l’aide de filets rabattants ou de lacets à nœud coulissant (tenderie des Ardennes).

S’additionnant à la chasse au fusil(1), le piégeage en question concerne des espèces en mauvais état de conservation et/ou en fort déclin(2).

Si le gouvernement persistait, la LPO intenterait immédiatement des recours en référé contre chacun des arrêtés.

La LPO exige maintenant de la part du gouvernement :

  • la libération des oiseaux capturés illégalement et encore détenus aujourd’hui dans la perspective de les utiliser comme appelants  (glu)
  • l’interdiction de la commercialisation et de l’utilisation de la glu comme méthode de capture ou de destruction des animaux, y compris pour les insectes et les rongeurs compte tenu de l’absence de sélectivité et des souffrances infligées
  • le renforcement des moyens de la police de la nature de l’OFB, de la coopération transfrontalière, et la création de brigades spécialisées au sein des douanes pour mettre fin aux trafics d’oiseaux chanteurs.

Pour Allain Bougrain Dubourg : « Si l’on pouvait concevoir l’usage des chasses traditionnelles en période de disette ou de guerre, il ne s’agit plus aujourd’hui que d’un simple loisir. Alors que la biodiversité s’effondre et avec elle les populations d’oiseaux, il aura fallu que la France soit mise au pied du mur par la menace d’une condamnation exemplaire devant la Cour de Justice de l’Union Européenne pour qu’elle cesse enfin d’autoriser ces pratiques de chasse cruelles et non sélectives, alors que la Directive Européenne de protection des Oiseaux date de 1979 ! » 

Arrêt n°1 du Conseil d’ETAT du 6 aout 2021

Arrêt n°2 du Conseil d’ETAT du 6 aout 2021

Contact presse :

Allain Bougrain Dubourg : 06.11.15.18.18

  1. Selon le dernier calcul connu (puisque les chasseurs français ne communiquent pas les tableaux de chasse), l’ONCFS estimait les tableaux de chasse de la saison 2013-2014 (Aubry et al. 2016) entre 121.000 et 238.000 alouettes, entre 71.000 et 122.000 vanneaux, et entre 7.000 et 18.000 pluviers.

Aubry, P., Anstett, L., Ferrand, Y., Reitz, F., Klein, F., Ruette, S., Sarasa, M., Arnauduc, J.-P. & Migot, P. (2016) Enquête nationale sur les tableaux de chasse à tir - Saison 2013-2014. Résultats nationaux. Faune Sauvage, 310 - Supplément 1, I-VIII.

  1. Espèces spécialistes des milieux agricoles, l’Alouette des champs comme le Vanneau huppé, paient un lourd tribut de la modification des pratiques agricoles. Elles sont toutes deux en déclin significatif en Europe (1980-2016 : -54% pour l’Alouette et -55% pour le Vanneau 2007-2016 : -12% et -21% ; PECBMS 2017) et en France (2001-2019 : -23% et -15% ; Fontaine et al. 2020).  Si le déclin de l’Alouette sur le court terme n’est pas d’ampleur suffisante à son inscription dans les catégories menacées de la liste rouge des oiseaux en Europe (Préoccupation mineure ; BirdLife International 2015) et en France (Quasi-menacée ; UICN France et al. 2016), le Vanneau est lui bien listé dans la catégorie Vulnérable en Europe et en Quasi-menacée en France.

BirdLife International (2015) European Red List of Birds. pp. 67. European Commission, IUCN, SSC & BirdLife International, Luxembourg. Available at: https://datazone.birdlife.org/info/euroredlist.

UICN France, MNHN, LPO, SEOF & ONCFS (2016) La Liste rouge des espèces menacées en France - Chapitre Oiseaux de France métropolitaine. Paris, France. Disponible sur le site: https://inpn.mnhn.fr/docs/LR_FCE/UICN-LR-Oiseaux-diffusion.pdf.

PECBMS (2017) Pan-European Common Bird Monitoring Scheme. Population trends of common European breeding birds 2017 update. Prague (PECBMS, CSO). Available at: https://pecbms.info.

Fontaine,  B.,  Moussy,  C.,  Chiffard  Carricaburu,  J.,  Dupuis,  J.,  Corolleur,  E., Schmaltz, L., Lorrillière, R., Loïs, G. & Gaudard, C. (2020) Suivi des oiseaux communs en France 1989-2019 : 30 ans de suivis participatifs. MNHN- Centre d'Ecologie et des Sciences de la Conservation, LPO BirdLife France - Service Connaissance, Ministère de la Transition écologique et solidaire. 46 pp. Disponible sur le site https://www.vigienature.fr.

rouge gorge familier englue 650

Le Conseil d’Etat vient de donner raison à la LPO et d'annuler les derniers arrêtés ministériels autorisant le piégeage à la glu d'oiseaux sauvages en France

Le 29 novembre 2019, pour la première fois depuis des années, le Conseil d’Etat ne déboutait pas la LPO de son recours sur la légalité du piégeage des oiseaux à la glu (1) et décidait d’interroger la Cour de Justice de l’Union Européenne. Le 17 mars 2021, cette dernière confirmait l’illégalité de cette pratique au regard de la Directive européenne de protection des oiseaux. Comment aurait-il pu en être autrement puisque l’Espagne et Malte avaient déjà été condamnées pour les mêmes pratiques ?

Par un jugement rendu ce 28 juin 2021, le Conseil d’Etat vient donc d'annuler les derniers arrêtés ministériels accordés pour les saisons 2018-2019 et 2019-2021 et confirme ainsi que la chasse à la glu est illégale.

(1) Le piégeage à la glu consiste à encoller des baguettes pour attraper des oiseaux censés rester vivants, afin de s’en servir comme appelants. Après être restés des semaines dans le noir, les oiseaux placés dans des cages accrochées aux arbres se mettent à chanter à la lumière, attirant ainsi leurs congénères qui sont tirés à bout portant. Tous les oiseaux, protégés ou non, se font ainsi piéger : ils se débattent dans la glu, avant d’être détachés par aspersion de diluants type essence F4. A l’aide de caméras, la LPO a pu prouver que non seulement cette pratique n’est pas sélective, mais que de nombreux oiseaux, y compris protégés, sont blessés voire tués pendant ces manipulations voir la vidéo ICI.

TDI 8437

Suite à la parution dans différents médias locaux d'un article intitulé "le dépeçage d'un mouton  par des Vautours Fauves" en Corrèze, nous souhaitons apporter quelques précisions et amener quelques éléments de rigueur scientifique nécessaires à la compréhension des "faits rapportés pour permettre une interprétation objective du phénomène.

Au-delà de la légitime angoisse de l’éleveur et pour rectifier et/ou compléter certaines affirmations hâtives contenues dans ces médias locaux, la LPO Limousin tient à préciser les éléments suivants :

  • La présence de Vautours fauves n’est pas une nouveauté en Limousin. Il est vrai qu’à force de persécutions pendant des siècles, les hommes étaient parvenus à les éradiquer d’une grande partie de leur aire originelle de répartition. En France par exemple, ils ne subsistaient plus que dans les Pyrénées jusqu’à ce que, à la fin des années 1970, une tentative de réintroduction soit tentée sur les Causses où les derniers avaient été abattus et empoisonnés dans les années 1940; l’opération couronnée de réussite a fait que ces grands oiseaux charognards n’ont été absents du ciel du Massif-Central que pendant une quarantaine d’années. Ce sont donc des oiseaux essentiellement  originaires des gorges du Tarn et de la Jonte qui depuis lors font des visites de plus en plus régulières chez nous depuis la première observation en 1994. Ils n’ont donc pas 500 km à faire mais environ 200, ce qui n’est pas grand-chose pour eux quand le vent et les courants sont porteurs. C’est ainsi que plus de 30 observations de Vautours fauves ont été faites en Limousin en 2020 et qu’en 2021 on en est déjà à une douzaine.
  • Ces oiseaux sont en effet majoritairement des jeunes dans la mesure où l’espèce ne se reproduit qu’au-delà de sa quatrième année. Entre leur envol et leur « majorité », ils explorent leurs territoires à la recherche de nourriture et de lieux où s’établir. Par contre ce sont des détails du plumage et non leur taille qui indiquent l’âge de l’oiseau : les jeunes vautours en âge de voler atteignent au moins la même taille que leurs parents : leur envergure dépasse 2,20m (et pas 1,7…).
  • Les agents de l’Office Français de la Biodiversité n’ont certainement pas pu « certifier » que la brebis avait été « attaquée » par les oiseaux. Tout au plus ont-ils pu constater que le pauvre animal avait été consommé par eux, ce qui correspond parfaitement au rôle des vautours dans la nature et a déjà été observé en plusieurs endroits de la Corrèze et du Limousin ces dernières années.
  • Enfin, la LPO tient à souligner le fait que rien dans l’état actuel des choses ne prouve ni ne suggère le moindre changement ou la moindre « adaptation » dans le comportement des Vautours. Adaptation à quoi d’ailleurs ?
  • Si leur retour, aidé par les hommes qui les en avaient fait disparaitre, a si bien marché c’est que les activités pastorales qui prévalent encore dans le Massif Central, ajoutées à l’abondance de grands mammifères fournissent régulièrement aux Vautours les cadavres dont ils ont besoin et qui leur confère leur mission d’éboueurs de la nature. Ce sont en effet des oiseaux spécialisés à l’extrême dans la consommation d’animaux morts, généralement de grande taille, et non des prédateurs. Leur action d’élimination des carcasses en font ainsi de précieux auxiliaires des activités d’élevage dans les massifs montagneux.
  • Il est évident que, pour un éleveur qui assiste à ces curées inhabituelles, cela constitue un choc. Choc qui est d’autant plus important que les conditions d’élevage sont souvent difficiles et la précarité croissante dans l’élevage extensif. La détresse de ces agriculteurs est réelle et légitime et n’est donc pas à remettre en question. En revanche, la nature des témoignages récoltés doit être analysée avec la plus grande rigueur, notamment la manière dont leurs observations sont interprétées et retranscrites.

C’est pour éviter les mauvaises interprétations et les conclusions hâtives que nous continuons de dire qu’il faut que des expertises ou contre-expertises indépendantes puissent être réalisées de façon rapide et efficace afin de trouver des solutions adaptées permettant de protéger le bétail comme les vautours.

La LPO continuera d’agir aux côtés des éleveurs pour le maintien de ces activités traditionnelles qui façonnent nos paysages et notre environnement depuis des millénaires et ce dans le respect de la biodiversité.

Le Comité Territorial de la LPO Limousin

cheveche

Afin de compléter sa Trame Verte et Bleue opérationnelle depuis 2012, Limoges Métropole-Communauté Urbaine a réalisé, grâce au soutien financier de la Région Nouvelle-Aquitaine, une étude pluridisciplinaire visant à définir et cartographier une Trame nocturne sur son territoire.

Aujourd’hui, la Communauté Urbaine souhaite passer à l’action à travers un programme d’opérations concrètes sur chacune des 20 Communes concernées (de 2021 à 2026) pour lutter contre la pollution lumineuse et protéger la faune sauvage nocturne.

Pour cela, elle sera accompagnée par le Groupe Mammalogique et Herpétologique du Limousin (GMHL) pour ce qui concerne les chauves-souris, et par la Ligue de Protection des Oiseaux (LPO) Limousin concernant les rapaces nocturnes.

Dans cette optique, vous pouvez retrouver ici une présentation des rapaces nocturnes présents en Limousin, ainsi que plus de détails sur le projet de Limoges Métropole concernant sa Trame nocturne.

Fete de la nature 2021

Fête de la nature - Du 19 au 23 mai 2021

Venez nous retrouver, aux côtés de Terre de Liens Limousin et du CIVAM Limousin, afin de rencontrer les paysan.ne.s et acteur.rice.s ruraux de notre territoire et de découvrir sa biodiversité !

N'oubliez pas de vous inscrire auprès du CIVAM Limousin (contacts sur l'affiche).

A bientôt !

Corneille GND 2

Il y a deux ans, la création de la fameuse « brigade d’action contre les corvidés » (induisant un acronyme d’un goût assez douteux) avait scellé l’engagement des chasseurs aux côtés des nouveaux responsables de la chambre d’agriculture de la Haute-Vienne pour tuer Corneilles noires et Corbeaux freux accusés de porter gravement atteinte aux semis de maïs. Ce brillant coup de communication s’était accompagné de la diffusion d’une photo truquée qui montrait une méchante corneille avec un gentil caneton dans le bec. Une rapide recherche avait permis de montrer que la corneille était empaillée !

A travers leurs éditoriaux incendiaires et une campagne d’affichage extrêmement agressive, ces élus de la Chambre  se sont  depuis largement signalés pour leur considération envers les lois de protection de la nature et les administrations et associations qui essaient simplement de les faire respecter.

La LPO ne peut que déplorer une nouvelle fois cette opération visant à faire passer les chasseurs comme indispensables justiciers de nos campagne en leur permettant de sortir les fusils toujours plus longtemps.

La LPO souligne également le manque de sérieux de cette promotion du tir des Corneilles noires et des Corbeaux freux :  Il n’y a dans les préconisations de cette « brigade »  le moindre contrôle de la réalité des éventuels « dégâts » et de leur ampleur, pas de consigne sur le fait qu’aucun tir dans les nids ne doit être effectué (ces nids peuvent héberger d’autres espèces protégées), aucune information sur le fait qu’en plus des Corneilles et des freux, 2 autres espèces de corvidés peuvent être mêlées aux bandes de « corbeaux » : le choucas et le Grand corbeau, tous deux protégés également. Et ce sont les agriculteurs et les chasseurs eux-mêmes qui authentifieront les oiseaux « régulés » (le verbe « tuer » étant bien entendu soigneusement évité dans cette affaire).

Et que dire du fait que chaque  cadavre de « corbeau » se verra récompensé par le don de 3 cartouches et que certains seront exhibés au milieu des semis, pendus haut et court au bout d’une corde ?....C’est certainement légal, mais avec les grands champs brûlés au glyphosate (avant les semis de maïs justement) ça ne donne pas une image bien reluisante de nos campagnes limousines.

Rappelons enfin que les corvidés exposés ainsi à une vindicte rétrograde sont des oiseaux futés et adaptables qui sont loin de n’avoir qu’un rôle néfaste aux activités agricoles, même si certaines de ces activités, et en particulier la culture du maïs pour ensilage les ont beaucoup favorisés. En période de reproduction, ils consomment aussi beaucoup de larves d’insectes et de cadavres divers…

Leur destruction ponctuelle en tant que « gibiers » comme en tant que « nuisibles » était déjà permise, encadrée et largement suffisante.

Le Comité Territorial LPO Limousin